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COURS DU MAÏS & SUIVIS DE CAMPAGNES

 

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Suivis de campagnes - récolte 2003
18 mars 2004

Tensions extrêmes sur les marchés européens et mondiaux

En ce début de printemps, la campagne maïs 2003/2004 est toujours marquée par la sécheresse estivale exceptionnelle de 2003. Le déficit de collecte, estimé à 27% en France et à 21% au sein de la communauté par rapport à la campagne précédente, a induit une forte hausse des cours (voir courbe). Ainsi dans le Sud-ouest, les cours du maïs (prix rendu Bordeaux Bayonne) ont régulièrement augmenté de 10 €/T/mois environ jusqu'en novembre 2003 avant de se stabiliser autour du prix de seuil (157 €/T environ). Il faut remonter à la période de soudure de 1999 pour retrouver des niveaux similaires (150 €/T en août 1999). Hors des frontières de l'Union, des pays tels que la Russie ou l'Ukraine dont les blés avaient littéralement inondé le marché communautaire lors de la précédente campagne, ont connu une très mauvaise récolte de blé en 2003. Cette situation a contribué à creuser le déficit d'approvisionnement dans certains pays de l'UE friands de ces blés bon marchés, notamment en Espagne . Elle rappelle aussi que les pays bordant la mer Noire sont soumis à trop d'aléas climatiques. Enfin, la fin des diverses crises sanitaires sur les volailles (voir point d'avril 2003) et la forte demande mondiale se traduisent par une tension sur les marchés.

Dans ce contexte Bruxelles a d'emblée cherché à réguler le marché en comblant progressivement le déficit européen de production. Plusieurs actions ont été menées en ce sens :

  1. Vente des céréales d'intervention.
    Le stock d'intervention est essentiellement constitué de seigle allemand (4 à 5 MT) , pour lequel environ 25% a pour le moment été remis sur le marché intracommunautaire; et plus modestement d'orge et de blé. En temps normal, c'est-à-dire lorsque les cours des différentes céréales sont bas et par conséquent voisins, le seigle a des débouchés limités. Par contre, lorsqu'un gradient de prix important apparaît entre les différentes céréales comme c'est le cas sur cette campagne, le seigle trouve plus facilement preneur en alimentation animale .

  2. Augmentation des importations.
    Bruxelles a autorisé une hausse des importations de céréales provenant des pays tiers. Au total 4 à 5 MT de mais, surtout d'origine brésilienne garantie non OGM seront importées dans l'UE cette campagne . Il faut y ajouter 1 MT de sorgho et une augmentation des importations de PSC .

En France, plusieurs éléments devraient permettre de compenser la baisse de production :

  1. Une diminution des exportations vers les autres pays de la communauté, soit une économie de 2,5 MT environ.
  2. Une diminution de l'autoconsommation dans les exploitations. Compte tenu des niveaux de prix, il serait actuellement plus rentable pour certains éleveurs d'acheter leur aliment que de le fabriquer à la ferme. Une économie de 600 000 à 1 MT de maïs pourrait être ainsi être réalisée.
  3. Une diminution des incorporations de mais chez les fabricants d'aliments pour le bétail ( 500 000 à 1 M T )
  4. Une diminution du stock de report. On s'acheminerait vers un stock de report particulièrement bas, de l'ordre de 1,8 à 2 MT contre 2,5 MT l'année précédente.

Pour la suite de la campagne, nous entrons dans une période où plusieurs éléments peuvent venir perturber le marché :

  1. Les conditions climatiques des prochaines semaines vont accroître ou à l'inverse faire baisser la pression sur le marché (weather market). En maïs, des semis précoces par exemple laisseront espérer une récolte précoce et par conséquent une période de soudure plus courte et une relance de l'offre.

  2. Au niveau mondial, la situation est particulièrement fragile avec pour la quatrième année consécutive une production largement en dessous de la consommation (source In Vivo, voir courbe). Et cette dernière ne cesse d'augmenter. La Chine notamment pèse actuellement sur l'ensemble des marchés mondiaux du fait de son dynamisme économique et de l'évolution des habitudes alimentaires qui en découle : les Chinois consomment de plus en plus de viande ce qui implique un accroissement de leurs besoins en alimentation animale. Après une année de mauvaises récoltes, ils diminuent leurs exportations de mais et puisent eux aussi dans leurs stocks ce qui contribue à fragiliser le marché mondial. Les consommations industrielles de maïs sont également en hausse du côté des Etats-Unis qui poursuivent leur effort d'utilisation de carburants verts (voir dossier nouveaux débouchés du maïs, en accès protégé). Les tonnages de maïs destinés à la production d'éthanol sont ainsi passés de 15 MT en 2001 à 29 MT en 2004 (source CIC, fév. 2004).

    Pour la fin de campagne, on s'achemine donc vers un stock de report en maïs historiquement bas, équivalent à 1 mois de consommation mondiale (voir courbe). Et la tendance en blé est identique. Dans le meilleur des cas, la production mondiale de la prochaine campagne permettra d'équilibrer la demande mais sans augmenter les stocks. Dans ce contexte une crise de production pourrait avoir des conséquences majeures surtout si l'on tient compte de la situation politico-technique actuelle qui complique les flux. Le déficit de production européen par exemple ne peut cette année être comblé par des importations provenant des Etats-Unis.
    Ceci étant, des potentialités d'augmentation de production existent ce qui laisse espérer des lendemains plus calmes : au Brésil (dont la production est déjà supérieure à celle de l'UE, 45 MT de maïs en 2003) ; dans la CEI ( surtout en blé ) ; et dans les futurs pays de l'UE tels que la Roumanie dont le potentiel est très élevé mais qui manque de moyens pour l'instant.

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Date de création: 15 juin 1999- Dernière mise à jour: 29-oct-04