2- Une culture économe en engrais azotés
et en produits phytosanitaires
Grâce à son système racinaire performant, le tournesol
est capable de mobiliser les reliquats d'azote minéral présents dans
les couches profondes du sol. L'absorption de l'azote du sol commence
en effet à être significative quand le développement de la culture
atteint le stade " 6 feuilles " et elle peut se poursuivre jusqu'à
la fin de la floraison.
2.1 De faibles besoins en azote
À partir du stade " bouton ", une carence en azote
peut être préjudiciable au rendement en diminuant le nombre de graines
formées. Jusqu'au début de la floraison, l'azote est essentiellement
stocké dans les feuilles et les tiges pour venir s'accumuler ensuite
dans les graines. Des expérimentations menées par le CETIOM ont montré
qu'en conditions optimales, pour un potentiel de rendement allant
jusqu'à 30 q/ha, les besoins en azotes sont de l'ordre de 4,5 unités
d'azote par quintal de graines produites. Dans ces conditions, les
besoins du tournesol n'excèdent pas 150 unités.
Attention aux excès ! En cas de sur-fertilisation
azotée, la plante fera plus de feuilles mais pas nécessairement plus
de graines. Cette exubérance foliaire attire par ailleurs les parasites
et les maladies (telles que le sclérotinia, le phomopsis et le botrytis)
et accentue le risque de verse. Ces facteurs peuvent alors sévèrement
affecter le rendement. Un excès d'azote retarde par ailleurs la maturité
et provoque une baisse de la teneur en huile.
2.2
Héliotest: pour raisonner la fertilisation azotée
Le CETIOM s'est forgé une véritable expertise en
matière de fertilisation azotée du tournesol. Fruit de ces nombreux
travaux, la méthode des bandes azotées est un tout nouvel outil d'aide
à la décision permettant d'ajuster la fertilisation en cours de végétation.
Il a été testé durant toute l'année 2001 par des agriculteurs et des
techniciens.
Le principe est simple : il consiste à fertiliser
une bande de parcelle au moment du semis (sur une ou deux largeurs
d'épandeur à engrais). Une différence de coloration entre la bande
azotée et le reste de la parcelle témoigne alors d'un éventuel besoin
en azote. Si cette différence de coloration apparaît tôt, un apport
d'azote devra être réalisé sur l'ensemble de la parcelle. La fertilisation
est en revanche inutile lorsque la différence de coloration est invisible
ou apparaît tardivement.
Ce test d'aide à la décision, baptisé Héliotest,
indique la dose d'azote à apporter. Il conduit à une fertilisation
azotée en cours de végétation, rendant ainsi l'azote disponible au
moment où la croissance est la plus forte (notamment à l'apparition
du bouton floral). En évitant ainsi les apports au moment du semis,
cette conduite de fertilisation azotée évite les risques de lessivage
provoqué en cas de fortes pluies après le semis.
Héliotest sera disponible dès le début de l'année
2002 et pourra être demandé directement auprès du CETIOM.
2.3. Peu de traitements
phytosanitaires
Des enquêtes réalisées par le CETIOM auprès de producteurs
de tournesol ont permis d'évaluer le nombre de traitements par hectare.
Avec une moyenne de 2,3 traitements, correspondant à 1.800 grammes
de matières actives épandues par hectare, la culture du tournesol
est peu consommatrice de produits.
Pour s'en convaincre, il suffit de la comparer au
blé tendre d'hiver. Ce dernier nécessite 3 à 4 traitements lorsqu'il
est assolé, correspondant à environ 3.000 grammes de matières actives
par hectare. Cette consommation de matière actives est plus de 1,5
fois supérieure à celle du tournesol et elle augmente encore en l'absence
d'assolement. En blé sur blé, un traitement fongicide supplémentaire
est en effet requis.
La majorité des traitements appliqués sur le tournesol
concerne le désherbage ; près de 2 désherbants sont en effet appliqués
en moyenne sur chaque parcelle. Mais de nouvelles techniques, associant
la pratique du binage à des traitements localisés sur la ligne de
semis se développent. Cette méthode, baptisée désherbinage, permet
d'économiser jusqu'à 70 % de matières actives.
Avec le développement des variétés résistantes aux
races A (710) et B (703) de mildiou, le traitement de semence anti-mildiou
disparaît (du moins jusqu'à l'apparition de nouvelles résistances). De plus, grâce à la prise en compte des maladies dans les
programmes de sélection, les traitements fongicides en végétations
sont de plus en plus limités. Même la protection contre le phomopsis
devrait diminuer dans les années à venir avec le développement des
variétés très peu sensibles.
La culture du tournesol présente donc l'avantage
d'être peu gourmande en produits phytosanitaires. Les volumes de matières
actives sont faibles et le nombre de traitements, déjà peu élevé,
va probablement diminuer dans l'avenir.
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